Exposition “les amazones s’exposent” à l’Hôtel de Ville de Paris

En 2008, l’association a monté sa première grande exposition de sculptures, peintures et photographies au Grand Duché du Luxembourg, puis, la même année, à l’Hôtel de Ville de Paris, en partenariat avec la Mairie, et enfin à Strasbourg en 2010.
Jamais auparavant on n’avait vu, en France, d’Amazones de pied en cap, témoignant d’une différence acceptée, paisible.
La « reconstruction chirurgicale » paraît souvent être la solution car le corps amazone est tabou dans les pays latins, or la majorité des femmes ne fait pas ce choix, ce que la plupart des gens ignorent.
Ne nous trompons pas, la reconstruction est d’ordre psychique, même si pour certaines elle passe par la chirurgie.
On ne dit pas que l’on peut se familiariser avec cette différence, l’accepter, accepter son propre corps, accepter le corps de l’autre tel qu’il  est devenu, l’aimer.
Tout est une question de regard. 


Les artistes


Christine Muller
Peintre

Je peins. Je ne peux faire autrement. Les personnages, très vite, s’installent sur la toile et semble me défier. Ainsi commence le long et étonnant voyage : trouver ce qu’ils ont à me dire.


Annick Parent
Artiste

Un simple fil de fer, comme un trait de pinceau, pour dire la danse de la vie, jeu d’apparences et d’ombres où l’Amazone a su tisser, petit à petit, la toile de sa liberté.


Dan Steffan
Artiste plasticienne

Je prends la mesure de la difficulté de parler de « ces choses là ». D’où provient cette difficulté ? De la peur d’être un jour concerné ? Du tabou de la différence ? Du dictat de l’esthétisme uniforme et impersonnel de notre société ? (…) Me substituant à ces femmes, amazones, j’ai envie de dire « Mais moi, je vous aime comme je suis ».


Françoise Bailleul
Peintre

La vie est un passage, fait de fractures et de douleurs. La vie est un passage fait de petits bonheurs.


Stéphanie Chardon
Sculpteur

Etrange rencontre que celle d’une amazone… J’ai cherché dans cette terre vivante et docile… J’ai malaxé, trituré, enlevé, ajouté… J’ai gardé les traces et les marques, la vie n’est pas lisse… Et puis j’ai oublié, j’ai pu alors me laisser emporter…


Catherine Scellier
Sculpteur

Par rapport aux amazones, je me sens comme une équilibriste, partagée entre la violence des émotions déclenchées par les réalités d’une ablation du sein et la volonté de donner à voir une image qui dépasse la perte, parle de l’émerveillement inaliénable pour la vie et la femme dans son humanité et rétablit l’amazone dans la symbolique femme-sein-mère-séduction.


Monique Riond
Sculpteur

Les seins ne sont pas les tabernacles du bonheur ! Et les accidents de santé sont propres à chaque vie et c’est la vie qui importe. Lorsque les Amazones font le choix de la non-reconstruction, ce temps qu’elles se donnent avant la décision leur permet de peaufiner la préparation de nouvelles chaussures pour mieux sauter par dessus le mur… Le problème n’est plus alors de leur côté.


Martine Salavize
Sculpteur

La sculpture ? Je suis tombée dedans toute petite (…) Lorsqu’Annick m’a proposé de participer à son exposition, j’ai imaginé tout de suite les nouveaux seins en bronze, en verre, et en marbre que je pourrai montrer à toucher.


Viola Montenot
Peintre – Sculpteur

Il a fallu une rencontre pour que le portail de l’univers des amazones, jusque là masqué par le « non dit », s’ouvre à moi. J’ai pu entrevoir un espace où les corps redessinés, resculptés, attendent le regard de l’autre.


Art Myers
Photographe

Quand les gens découvrent mes photographies, je veux qu’ils regardent au-delà du résultat chirurgical et qu’ils apprécient les femmes dans le cadre de leur relation amoureuse, qu’ils soient témoins de leur féminité, de leur force et de leur persévérance, qui ont fait qu’elles ont réussi à dépasser l’expérience du cancer du sein.


Véronique Soriano
Peintre

Je suis heureuse de participer à « les Amazones s’exposent »… Parce que la souffrance, le désarroi, l’abîme où nous plongeons forcément sont aventures humaines : quand nous remontons du ventre de la baleine, nous sommes plus humains… Si on pouvait avoir moins peur de soi, de l’inconnu, des autres…


Virginie Ribaut
Photographe

Sein maternel, sein protecteur, sein objet de fantasme… Le sein a toujours été représenté comme un signe de la féminité. À travers les portraits de Sarah, Martine, Aline, Béatrice et Pascale, je tente de répondre à une question que les femmes se posent ou se sont posées : peut-on vivre une vie de femme épanouie sans un sein ? En vous présentant l’image de ces cinq femmes, sereines, belles et dignes, je pense pouvoir répondre… oui.

« Dans mon travail photographique sur les Amazones, j’ai voulu avant tout montrer la féminité préservée malgré les traces laissées par la maladie. C’est pourquoi je me suis engagée tout naturellement dans ce projet d’exposition.
J’ai trouvé passionnant de confronter ma propre vision du corps amazone à celles d’autres artistes s’exprimant à travers des formes artistiques différentes ou complémentaires de la mienne.
Et c’est aussi tout naturellement que j’ai souhaité pérenniser cette exposition en photographiant la rencontre de ces sensibilités différentes au service d’un même beau projet.
J’espère que votre regard sur les femmes qui ont un seul sein s’en trouvera changé. »

Virginie Ribaut