What is your experience with asymmetry ?

Yours, your partner’s, your mother’s, your grand-mother’s, your friend’s etc. ? Let’s share our experiences !

> pour nous écrire…


Yiell : moi, j’ai choisi de rester “à plat” et j’en ai discuté avec mon chirurgien !

Je suis « amazone », j’ai 40 ans cette année et… je vais bien !
Quelques jours avant l’opération, avec mon compagnon nous cherchions des images sur internet pour nous faire une idée de ce à quoi j’allais ressembler « après ». C’est là que j’ai découvert votre site ! Il m’a permis de faire mon choix de rester « à plat », chose qu’à l’hôpital on ne m’avait pas proposée…

Nous avons donc immédiatement fait part de ce choix au chirurgien. J’ai pu lui expliquer nos réflexions et recherches. Que je me sentais mieux à me reconstruire en Amazone. Que de faire de la chirurgie mammaire, au risque d’un résultat qui ne me plaise pas, ne m’emballait pas. Aussi, parfois il faut retoucher l’autre sein pour qu’ils se ressemblent, je ne voyais pas ça super non plus.

D’être obligée, ensuite, de subir mon sort ou d’être vouée à retourner régulièrement me faire arranger la poitrine, changer les poches, les poches qui se déplacent, les problèmes de refus des tissus, etc. bof bof !

La cicatrice + la chimio + les rayons fournissent bien assez de travail de réparation pour un seul corps déjà, je préfère rester avec ce qui m’appartient et avec mon potentiel de remise en forme naturel. Je lui ai fait découvrir votre site qu’il ne connaissait pas, il a avoué que vous étiez toutes belles. Lui-même était surpris, je crois… mais à l’écoute !

Grâce aux photos nous avons pu parler de ce que je voulais comme chirurgie.
Il nous dit que nous avons eu raison de lui en parler et nous a expliqué que lorsqu’une reconstruction mammaire est prévue, il laissait plus de chair et de peau, ce qui est moins esthétique mais provisoire. En voyant de belles cicatrices bien à plat sur votre site, il tiquait un peu de faire trop proche du corps car en vue d’un éventuel changement d’avis plus tard (on sait jamais…) c’est bien de laisser un peu de matière quand même…
Du coup, nous avons opté pour un compromis, ça reste esthétique et si jamais plus tard je le souhaitais, je pourrais faire une reconstruction.

Nous avons pris le temps de regarder ce que font toutes ces femmes qui passent par cette épreuve, de parler des tatouages aussi, c’était super, et le lendemain matin je passais sur la table d’opération en sachant où on allait et ce qu’il allait me faire ! J’étais surprise d’être celle qui propose les autres possibilités. En revanche, ça m’a donné de la force et l’impression de maîtriser un peu la situation…

Mais à l’évidence il manque des passerelles entre nos différents mondes, les chirurgiens n’ont pas l’idée de proposer autre chose que de la reconstruction mammaire, c’est leur métier et ils ont des œillères. Alors c’est à nous de réfléchir, il s’agit de notre corps et de notre esprit, qui d’autre que nous-même peut sentir ce qui nous ira vraiment ? C’est la seule chose que le monde médical ne maîtrise pas.
Mille merci ! Sans vous je n’aurais peut-être pas pu faire un choix aussi clair.

Yiell, 40 ans


Fabienne

J’ai vécu la prothèse externe puis l’implant mammaire, et franchement, à nouveau Amazone je suis plus apaisée maintenant…

J’ai eu le diagnostic du cancer en 2012, j’avais 38 ans, un mari, un grand garçon de 7 ans et un petit bout de pas tout à fait un an.
La mastectomie s’est imposée d’emblée, avant de partir sur le long combat chimio-rayons-hormono. Comme dans certains témoignages lus ici, j’ai plutôt pas trop
mal vécu l’ablation, plutôt soulagée de ne plus avoir la tumeur !

J’ai mis 2 ans avant d’entamer la “reconstruction”, 2 ans pendant lesquels j’ai vécu avec ma prothèse externe, comme j’ai pu. Lorsque j’ai commencé le parcours de reconstruction, j’ai tenté de me focaliser sur le résultat final que j’avais, je pense, idéalisé.
Pas simple en effet de rester motivée quand on vous pose un “expandeur”, censé préparer la peau au futur volume, expandeur que le chirurgien remplit de sérum physiologique tous les 10 jours. Je disais, avant d’aller aux séances : “Je vais me faire gonfler le pneu”…
Mais l’expandeur tournait, c’était bizarre.

Je commençais à me demander si j’avais fait le bon choix, je me disais que finalement je ne vivais pas si mal le statut d’Amazone. Et je me remotivais : “Non, non, pour tes enfants, pour ton mari, pour la jolie lingerie, pour la plage…” Puis l’opération est arrivée, enfin !
Mais la prothèse a tourné aussi. Et elle était trop basse. Retour chez le chirurgien, qui la remonte, me charcute les hanches pour tenter de donner l’illusion d’un décolleté avec la graisse des dites hanches… Bof !
Mon sein est moche, la prothèse tourne toujours, mon décolleté est asymétrique,
ça tire, j’ai mal…
Et puis le scandale Allergan. Ma prothèse est une Allergan. La goutte d’eau. Quelques semaines après, un chirurgien très à l’écoute m’enlève la prothèse. Et là aussi, de la part de plusieurs personnes : “Et alors ? Tu vas en mettre une autre ?”. Et là, comme une évidence, j’ai répondu non !
Je me sens moi-même depuis. Même si j’ai revécu le début de mon parcours,
même si cette fois j’ai versé la larme que je n’avais pas versée la première fois, je me suis sentie en accord avec moi-même. J’ai vécu la prothèse externe puis l’implant mammaire, et franchement je suis plus apaisée maintenant.
Alors oui, j’aurais pu m’épargner 4 opérations. Oui, j’ai fait la reconstruction pour de mauvaises raisons. Mais peut-être fallait-il que j’en passe par là.
Maintenant je tente de vivre avec cette nouvelle prothèse, j’ai trouvé de la jolie lingerie. J’ai grossi par rapport à la première prothèse, elle est lourde ! J’aimerais assumer de ne pas la porter, mais j’avoue que je n’y arrive pas !

Bref. La suite au prochain numéro… L’an prochain je tente la prothèse
adhésive, on va voir si je peux toujours faire du sport et danser…

Fabienne, 45 ans


Catherine : comment je vais être ?

En février 2015 est né mon petit bout’chou. En novembre 2015, c’est lui qui en tapotant sur mon sein me fait découvrir cette petite boule. Et un long chemin commence, rendez-vous médicaux, chimiothérapie…
Le chirurgien m’annonce une mastectomie.
Mes questions :
– Qu’est-ce que c’est ?
– Comment je vais être ?
Des questions que je me pose mais une réponse toute faite… pour moi je vais être monstrueuse… après avoir perdu mes cheveux, mes cils et mes sourcils, je vais perdre mon sein droit. Et là je pose la question, comment je vais vivre avec un sein ?
Et je vous trouve là, à me rassurer avec vos témoignages, vos photos.
Je ne m’accepte pas encore, mais j’ai l’espoir maintenant d’y arriver. Pas de reconstruction pour moi, j’ai déjà trop souffert et grâce à vos témoignages je sais que je peux être moi, plutôt… être une nouvelle moi !

Catherine, 34 ans


Laurence : j’ai cru que c’était un bout d’os…

Dix ans ! Dans quelques jours, à 18 heures et quelques, ça fera dix ans qu’un radiologue du boulevard Montparnasse a vu quelque chose… niché haut dans mon sein droit. Petit quelque chose que je prenais moi pour un bout d’os… Et puis il y a eu un autre quelque chose il y a huit ans, découvert en février aussi, après des mois d’hésitations et de nombreuses I.R.M., dans mon sein droit… Masse étoilée comme du code morse et lumineuse et discrète à l’invisible, sournoise, volumineuse et agressive… Annonce protocolaire dans un silence de givre après une attente longue dans une salle remplie de jeunes femmes enceintes… La mort et la vie qui se côtoient... Des moments pétrifiants pour toujours, inoubliables… Des mots, des odeurs, des sentiments et des émotions, gravés éternellement, et qui se réveillent parfois parce qu’un mot, une odeur, une lumière… Double ablation, des traitements curatifs et préventifs qui mettent au tapis et laissent durablement  leur trace. Mon désert nouveau, mes turbans colorés… Et l’envie de me terrer dans un trou de souris souvent.

J’aurai en principe 50 ans en juillet prochain, on fait souvent le bilan de la décennie passée quand on change de dizaine… Ces dix ans qui ont une résonance singulière, ont été les dix ans de ma vie. Les plus forts, les plus terrifiants, les plus apaisants, les plus galvanisants,  j’oserais presque dire aussi les plus intenses, les plus beaux…
Il y a eu la stupeur, la terreur viscérale, l’anéantissement… et d’autres sentiments nés des profondeurs… la rencontre avec la mort possible. Celle que je croyais lointaine, pas au programme, pas concernée, trop jeune… Celle dont le souffle glacé me faisait perdre pied, celle dont le souffle glacé me fait toujours perdre pied…
Il y a le calme, la douceur, l’odeur de praline et de patchouli, les fous rires, les rayons du soleil, le sentiment de plénitude et de sérénité…

Je me suis employée pendant ces dix ans à faire la paix avec moi, à me rencontrer, à me parler, à rire beaucoup et souvent, à aller à l’essentiel, à prendre des distances avec  les âmes qui me paraissaient sombres, à boire du bon vin… A trouver l’apaisement… Dix ans de belles et généreuses rencontres et quelques projets importants pour moi, des témoignages à laisser pour celles…  Mes amies chères, mes guerrières bienveillantes, mon grand chat noir… Mes fleurs fleuries comme une renaissance, ma fierté, et ma fée sentinelle en éclaireuse… Je me suis déconstruite, reconstruite, construite.
J’ai fait du vide et du plein. J’ai encore envie de me terrer parfois dans un trou de souris. Et l’amour immense de la vie. La décennie se termine par une rencontre avec une femme qui me ressemble, une âme sœur, mon âme sœur, mon bonheur lumière.

Un immense merci pour votre site qui donne de l’énergie et de l’espoir, un immense merci aux Amazones témoins et actrices des milles facettes de la vie.

Laurence, 49 ans


Dominique : le regard des gens change !

Je suis une nouvelle Amazone depuis le 6 octobre 2015 et je dois à votre association de le vivre le plus naturellement du monde. Quand j’ai su que j’allais avoir une mastectomie totale après deux interventions n’ayant pas donné les résultats escomptés, j’ai visité le site. Merci infiniment pour vos belles photos et vos témoignages forts, fiers et courageux. C’est grâce à eux que je suis arrivée le jour de mon intervention en étant déjà le jour d’après, et ma vie continue de la manière la plus naturelle qui soit. Quand je me suis réveillée, j’ai ressenti un tel soulagement d’être débarrassée de mon ennemi, que j’ai regardé le pansement et l’absence de mon sein avec un grand sourire. J’ai le sentiment d’avoir mené un beau combat et d’en être sortie vainqueur.

Maintenant nous sommes le 25 février 2016, et tout va très bien. Je continue mon travail que j’adore et que je n’ai jamais arrêté. Je vais travailler sans prothèse et je me suis rendue compte qu’avec de l’humour et une bonne dose de recul, tout passe très bien pour ce qui est de dire aux collègues masculins que j’ai affronté une mastectomie. Je suis fière d’avoir gagné leur respect. C’est très gratifiant. Ça prouve aussi que le regard des gens change… si nous, les premières concernées, le faisons changer ! Depuis le début de ce voyage, l’idée de faire changer le regard des autres sur l’asymétrie me porte.

Je crois que au SDIS de l’Hérault, où j’ai le bonheur de travailler, le fait d’assumer ma calvitie, mon asymétrie, d’avoir fait le choix d’en parler sans tabou, sans modifier en quoi que se soit mon comportement, dans un milieu d’hommes, a remporté tous les suffrages. Mes collègues et ma hiérarchie ont été en or massif. Mes amis, ma famille et une équipe soignante hors pair ont rendu mon chemin bien plus facile. Ça m’a donné une force insoupçonnée.
Merci pour votre site qui ouvre bien le chemin. Longue vie à l’association !

 Dominique, 53 ans


Evelyne : avec ou sans sein, je suis une femme !

J’ai été opérée le 6 janvier 2015.
Merci pour votre site, les photos, les témoignages m’ont beaucoup soutenue.
Avec ou sans sein, je suis une femme et le serai jusqu’à mon dernier souffle !
Longue vie aux Amazones !

Évelyne, 56 ans


Cécile : devant le miroir…

Moi, quand j’ai accepté de regarder mon buste juste avant de quitter l’hôpital, j’étais terrorisée. Et puis, surprise bouleversante pour moi, ce que j’ai découvert dans la glace m’a profondément émue. C’était étrange, pas monstrueux, et surtout je me suis spontanément écriée : “C’est moi quand j’avais 6 ans !”.
Maintenant, quand je regarde mon buste dénudé dans le miroir (pas très souvent encore), je me dis :
“À gauche j’ai 6 ans, à droite j’ai 60 ans”.

Cécile, 60 ans


Marie-Claire : depuis que j’ai vu les photos de vos amazones, je me sens mieux

70 ans passés… Après 2 mastectomies partielles, on m’a finalement enlevé le sein et le ganglion sentinelle le 7 mai – tout est allé très vite… Je n’avais qu’un petit cancer de rien du tout… 3 opérations en deux mois et demi… Quand je me suis vue dans la glace, je ne suis pas tombée par terre, bien sûr la cicatrice n’est pas belle, et elle me fait souffrir… mais c’est moi, c’est mon corps, je vais faire avec (et surtout sans), la prothèse en coton me suffit pour le moment, et dès que les visiteurs sont partis, ouf ! je l’enlève !
Et je fais fi de la “vraie reconstruction”, pour quoi faire ?

Depuis que j’ai vu les photos de vos amazones, je me sens mieux…
Pourquoi pas un joli tatouage, rien que pour moi, un trésor caché.
Merci pour votre site qui m’a fait grand bien, suis tombée dessus tout à fait part hasard… qui fait bien les choses…

Marie-Claire, 70 ans


Catherine : je suis partie au front,  j’en suis revenue, je n’ai rien oublié

22 mai 2007… L’annonce avec ses mots percutants et terrifiants : tumeur, mastectomie, ganglions sentinelles, chimiothérapie, radiothérapie… J’encaisse… puis je rencontre la psychologue pour vider mon sac de mes larmes, de mes frustrations et de mes peurs.

Passé le choc de l’annonce, je décide de me comporter comme un petit soldat qui se lance dans la bataille. Nantie de mon nouveau matricule mammaire pT3 Pn1 MO, je prépare mon barda et quitte momentanément mon travail : livres spécialisés et spirituels, aromathérapie, achat de deux pantalons en 38 et me rase le crâne. Je réalise au passage une série de photos décalées que j’intitule «  parcours de soi » ou comment « crâner face au cancer » et je pars au front !

Je positive tout ce que je peux maîtriser dans mon quotidien. Le liquide orange de la chimio devient mon Fanta, je visualise des images d’anticorps aux bras musclés, je choisis un champ de coquelicot pour la trêve, je participe aux ateliers de l’Escale Bien-être à Digne et surtout je vis. Je ne veux pas subir mais être active de ma maladie  pour être en cohérence entre mes actes, mes pensées et mes paroles.

Contrôles, RAS, ouf ! Etape suivante… reconstruction ? Non merci. Je deviens une amazone, je m’apprivoise facilement et change tous mes soutien-gorges ! Ma compagne s’adapte et me dit que je suis belle.

Je fourbis mes dernières armes anti-cancer avec l’hormonothérapie pendant sept ans, un bon chiffre en numérologie mais un long chemin tout de même.

1er décembre 2014… Fin du parcours de soin, je brûle ma fiche de suivi médical, range mon barda et achète une bouteille de champagne. C’est la quille en quelque sorte. J’ai été appelée au front, je me suis bien battue, je peux tourner la page, mais je n’oublie rien, et surtout pas ceux qui m’ont aidée, parfois même seulement en ne disant rien, en me permettant de continuer à être tout simplement moi-même comme a pu le faire ma compagne mais aussi les autres petits soldats, ceux que j’ai croisés sur le même chemin…

Catherine, 53 ans


Isabelle : j’ai choisi d’être belle sans souffrir

J’ai subi une mastectomie il y a un an. La reconstruction immédiate m’a été proposée de façon très légère, en me disant de me dépêcher de prendre ma décision car il fallait faire rapidement le planning du bloc !

J’ai pris mon temps, questionné longuement un ami chirurgien plastique. Il m’a conseillé de faire les choses en deux temps pour avoir le meilleur résultat possible. Je l’ai écouté.

Au bout d’un an, je n’ai toujours rien fait. Au départ, parce que je ne voulais plus qu’un bistouri m’approche, même avec les meilleures intentions du monde. Puis, à ma grande surprise, parce que  je me suis habituée à ce nouveau corps qui est maintenant le mien. Malgré la mutilation, je n’ai pas changé. La chirurgien qui m’a opérée ne comprend pas et m’a bêtement dit « qu’il fallait souffrir pour être belle ».

J’ai choisi d’être belle sans souffrir.

                                                                                                                                                Isabelle, 49 ans


Julie : à la rencontre de médecins compétents et humains

La nouvelle est tombée : ablation du sein malade.
Le chirurgien enchaîne sur la reconstruction “immédiate, c’est mieux”. Je fais part de mon  souhait de faire retirer l’autre sein pour des raisons justifiées. Aussitôt le chirurgien décide de m’adresser à un autre médecin, lequel m’adressera à un psychologue. Seule compte pour eux, la décision qu’ils ont prise pour moi : « la reconstruction ».
Ils savent… eux et eux-seuls, exit mon avis et ma priorité : ma santé. En outre, le mot «dépression» tombe. Je vais en faire une. « Avez-vous pensé à votre mari ? », « et à la vue de votre thorax plat ? »… En me prenant les mains, on attendait que je m’écroule… Chercher à m’affaiblir, à me déstabiliser pour me dicter la voie de la reconstruction.

A la suite de ces consultations stériles, j’ai souhaité rencontrer le responsable de service : il est bien sûr, à l’image de son service. Il prône pourtant un discours public sur l’importance de la  participation du patient. Mais ce n’est que de la communication, car face à son patient, le rappel de ses discours le laisse sans voix.

Ces « médecins » déshumanisés ont essayé de me faire perdre ma dignité, mon identité, mais j’en ai décidé autrement. Il faut quitter ces lieux où la considération de la personne humaine n’est plus prise en compte, où d’autres intérêts émergent au mépris du patient.
Il existe d’autres médecins, lesquels font preuve d’humanité et d’attention au bien-être de leurs patients, il faut aller les rencontrer.
« Lutter, c’est vivre » Victor Hugo

PS : merci sincèrement aux Amazones

                                                                                                                                                                                Julie, 49 ans 


Carole : Amazone de naissance, je vis avec un sein

J’ai tenté la reconstruction, à six reprises de 18 à 26 ans, échec total ! Cicatrices et staphylocoque doré en prime ! Je me suis dit : c’est un signe ! Reste ce que tu es, ma fille !
Alors, depuis 2002, j’ai décidé de refuser toute reconstruction et de vivre telle que je suis née, c’est-à-dire avec un seul sein.
Aujourd’hui, à 32 ans, je suis fière de cette différence, et heureuse de faire la connaissance des Amazones !
Je me sens faire partie de cette tribu de femmes, exister en tant qu’Amazone est vachement valorisant !
J’avais l’impression d’être la brebis galeuse qui refusait de se faire soigner… maintenant je me vois comme une guerrière ! Forte de ma différence, alors merci !

Je porte une prothèse externe “pour ne pas choquer la société”, et je rêve de pouvoir sortir telle que je suis, de faire du mono sur la plage… alors merci de contribuer à ce rêve en montrant ce qui est, que le monde ouvre les yeux sur les différences, qu’il découvre enfin la beauté et la force des Amazones ! Ainsi elles pourront vivre leur vie sans se cacher.

Carole, 32 ans


Cathy : pourquoi j’ai voulu mettre ma photo sur le site…

Parce que j’espère qu’elle donnera envie à d’autres femmes Amazones de croquer la vie à pleines dents et de continuer à vouloir plaire !
C’est ce que j’ai ressenti lorsque j’ai découvert votre site…
Maintenant je profite de chaque instant, ce cancer m’a donné une force jusque là inconnue…

Cathy


Alexandra: Thank you for offering us a new perspective !

Just a few words to congratulate you for the courage that I do not think I yet have but I’m working on it…
I will undergo surgery in mid-November or December, after five months of chemotherapy.
I do not yet know what to do and am exploring the surgical options for immediate reconstruction but I also admire how graciously you accept the situation.
This opens a door for me that I had not considered.
Bravo for all these beautiful testimonies and photos.
How beautiful all these Amazons are!!!

Alexandra (a partner and two small children)


Sébastien: My grandmother has become an Amazon

A few weeks ago my grandmother discovered that she had cancer in her right breast.  She is 80 years old.  It had to be removed as it had been totally destroyed by the disease.  I had never seen my grandmother in a hospital bed.  I do not think I’d ever seen her with a common cold.

I’m gay so women always appear beautiful to me.  Their breasts have only one meaning for me and that is maternal.  I’ve never seen a woman’s breasts as an object of desire.  So when I saw an Amazon on TV I found her even more beautiful simply because she showed that she can be a mother with only one breast.

Today my grandmother has become an Amazon. And this afternoon, while I looked at her asleep in bed, minus a breast and attached to three tubes, I realized something important… she will always be the mother, grandmother and great-grandmother that everyone dreams of having.

When she woke up I could not help but make her laugh. And then when she laughed I realized that these mythological women had jumped out of the TV screen and that they had crossed over into her life. I realized that grandma was a woman who would forever bear the marks of this cancer but she would also be marked by the strength of those women who expose themselves on screen challenging prejudice, those who fight arrow in hand. I shuddered and tears came to my eyes. My grandmother, she is strong. She is a warrior. She may be minus a breast, but even if she had two more, or none at all, she will always be the one with whom I spent very special moments of laughter that belong only to us.
Thanks you for your web site.
Thank you.

 

Sébastien, 30 years old


Florence: Today I’m fine…

I’m Florence. It is now a year since I had breast cancer and underwent a mastectomy. Only now can I say that I ‘m fine…

A difficult year, even without treatment… Very often with those closest to me, I was faced with reactions such as: “You ‘re lucky not to have had treatment” , “Now it’s over”, “It was a small cancer”, small quips that made me retreat into my solitude, me for whom the long adventure of acceptance was just beginning. Of course I chose to remain asymmetrical, but I wear my prosthesis daily, not wishing to be “categorised” by those looking at me. At first I was very resentful of my prosthesis and I looked for better ways to live with it. The trigger came after my contact with Sylvie and her ephemeral painting that I saw on the site. The idea that something could be beautiful has gradually taken root​​ and then I found this breast grotesque with its small protuberance trying to look like a nipple, a nipple stuck on!… So I decorated my prosthesis with stickers and, depending on my wishes, it is decorated with flowers or birds… and no longer looks like a breast but has become a form that I have appropriated.

Small killer phrases: What I would also like to bear witness to, something of which you speak so well, is the medical diktat on reconstruction and I thoroughly agree with you on this point. I would also like to mention another diktat, the psychological one which is no less present. Indeed, “Cancer does not happen by chance”, “We are the source of our own cancer”, “We must change our lives”, are also little quips weighing us down with guilt… A double sentence, cancer and, on top of that, you are responsible for it yourself, and underlying everything  if you do not go in the “right direction” you will not recover or the cancer will come back… We are far from empathy and respect for the intimacy of every woman.

The time for “why”: In my case, I chose to take a therapeutic approach and today I am unable to say  ”I had cancer because…”. Cancer, from the sound of the word, has awakened the old familiar demons against which I have battled all my life… but can we ever recover from deep narcissistic wounds? I found nothing new, no trigger… After following some tracks and if I make a slightly provocative shortcut, I would say that I searched and I found that I didn’t need to search at all… Indeed the time for “why” came with a refusal as a way to prove to myself that I could explain everything in order to avoid losing the reassuring illusion of control… it was also a way for me to put my pain to one side. But it all caught up with me… and I suffered ​​a severe depression and that was when I was able to connect to the depths of my pain and I started to accept the situation.

The time for “how”:  The time for “how” has arrived. Minus a breast, how to accept my asymmetric body and yet feel beautiful, feminine and desirable, how to digest the experience with its traumatic announcement and ablation, how to return to a full life knowing that you can lose it, how to deal with the fear of death felt throughout the interminable length of time between the first suspicion of cancer and the postoperative diagnosis, how to live without  any certainty about the future… I will not oppose, in a Manichean manner, the “why” and the “how”, and I only speak from my own experience, but what I stand for is the freedom and the absolute right of every woman to choose without feeling guilty, to take or not to take a decision, as in to “reconstruct” or not.  The cancer has changed me deeply and I think today that I am fairer with myself, more tolerant, attentive and respectful towards others, my priorities have changed and I’m learning little by little now to let go and be confident.  But that’s the lot of any ordeal, which beyond the suffering, connects us to our deepest selves.

 

Florence


Emmanuelle : A little choreography for my children

Everything went very fast when I needed surgery because I was quite young – I was 42 – and doctors do not want to lose a minute; I could not – even if it had been possible – prepare my children. These included my daughter Marie who is the youngest and who, at that time was very young, 3 years old.  When the scar became smooth with time, I asked each of my children, at different times, if they wanted to look at it.  Since my return from hospital they were obsessed with the idea of the disappearance of the breast and their eyes were almost always fixed on that part of my body when they spoke to me. I always wear a small camisole style top with straps under my cotton t-shirts and I slowly showed them a small area of the line of the scar visible just above the camisole. This made them shiver and wince but once it was done, we made headway.

A Certainty: this new body was mine. I am fortunate to have had great support from my husband.  From the day after the operation, I felt an immense certainty that this new body was mine and I wanted to live with this transformation. I must say that I became more pragmatic: I said to myself that a lot of people had accidents that left them disabled or maimed with scars. It also helped me to answer the enduring sadness of my little girl. Every day, for months, she told me how it was sad that I had only one breast. She did not understand that it isn’t as bad as that. I replied with a little light heartedness. I said – yes, it’s true, you’re right, it’s sad. But what if I only had one leg, I could not so easily run with you. And if I only had one arm, I would not be able to carry you and give you a hug.


She was afraid of losing me: With time, as in all important situations, my little girl’s sadness faded away. Now she never speaks of the missing breast. We go to the swimming pool together. I choose once-piece bathing costumes in which I feel good. One needs to be patient because children need to find the balance that has been particularly threatened by the onset of the illness. And it was clear that Marie, in actual fact, was scared that I was going to disappear, and that she was speaking to me of her fear.

 

Emmanuelle


Geraldine: Mum, when will I have a breast, like you, that sticks on?

Hello,
First of all, I want to congratulate you for this site to which I can relate from several points of view. I had my cancer a year ago. Following removal of the left breast I had 6 chemo and 25 sessions of radiotherapy. I am currently on hormone therapy. I am 31 years old and have two children, Romane aged 4 and Raphael 18 months. With them everything has gone well. I answer questions without any taboo from the older one and now that I am over it, we laugh. Romane even said to me, “Mum, when will I have a breast like you that sticks on?” 
This can send shivers down my spine, but it shows the ability of children to find a situation normal if it has been properly explained and especially without any taboo.

Géraldine, 31 years


Florence : An image of angels on my scar …

Three months ago I underwent a mastectomy and in the middle of my inner storm, I found a haven of comfort  by visiting your site. The photographs acted as a trigger for me, in particular, those where women have painted their bodies and scars. I was deeply touched and the idea of ​​” depositing” beauty on this wounded area leads me on to a path where I can better accept, soothe and transform this reality which is painful for me and regain control.

Having gained strength from these authentic photos that are full of warmth and life, I was able, for the first time in three months, to consider the possibility of looking for solutions to make me feel good and feel beautiful. That evening I put a picture of angels on my scar and I said to myself, that’s okay!… Angels for me are symbolic, not religious, and as such they represent for me the idea of ​​protection and immortality, a moment of eternity in the place of my lost breast !…

Without you I do not think the idea would have come to me.
Thank you once again!

 Florence


Valerie : A look at my ancestral Amazons

Coming from an Amazon family, I have a childhood memory, from thirty odd years ago, of two anecdotes about these missing breasts, one about my maternal great-grandmother, the other, her sister, my great-grand aunt. 

I didn’t really know my great grandmother but there are still traces in the family of her embroidery talents: sheets, nightgowns, napkins, embroidered with patience and concentration… From this work also remains the memory of this woman, focused on her work, and who, often forgetting those around her, stuck her needles… on her prosthesis, a prosthesis she had probably made herself…

My great-grand  aunt was a delightful woman, patient and very close to us, her great-grand nephews and nieces. She had no children, but she is the only one who really knew how to enjoy playing with me as a little girl: we used to get into my car (a red beetle with black spots, of course), where she would tirelessly and patiently tell me, ten times over if she thought it necessary, about my mother when she was small (” Because, yes, your mother was also once a little girl “). She had not given birth, but she knew how to give life to the family story. It is undoubtedly due to her spontaneity that I knew very quickly she had a ” real breast” and a “fake breast”. Uninhibited, she regularly allowed me to feel her chest, so that I could guess which was the real breast and which one was false. On the latter, I could honk the horn … Honk ! Honk!

 

Valérie, 38 years


Stéphane : The experience of a spouse, daring to touch

It’s been a while since I have wanted to put pen to paper, or rather the keyboard, to testify  of my experience as the spouse of an Amazon… so I’m starting today!… From my experience, the role of touching, hands, mouth is especially important. In the first instance it’s in caressing Caroline’s breast that first I felt a small lump… the beginning of a long adventure.
After removal of the breast, the doctors asked that the scar be massaged so that it became supple. The first night back home, Caro showed me her scar and very quickly it was me who massaged it every day, tenderly, with a little cream. It quickly became natural and I felt how important it was for Caroline to experience a sensation from my fingers all the while looking at her tenderly. It’s amazing how simple it is, but also how it expresses so much acceptance and love “as you are”.

After that, it was the chemo cycle, during which the whole family was subjected to the rhythm of the treatment (once every 3 weeks). There, again, regular massage of the scar, not forgetting to cuddle the other breast at the same time… it’s a strong emotional time together. And during the last few months in order to alleviate pain in the legs, shoulders and neck, nothing was worth more than a good massage of the whole body. I really saw in Caro’s face and eyes all the good this simple relationship was doing to her, this touching and natural look, this support through contact of fingers and lips. Another thing that helped each of us equally was the strong desire to live normally when the effects of the treatment eased during the few days before the next chemo treatment: Gentle sports, going outside, little trips. To live life to the full, to enjoy it… and continue on the road with plenty of energy to be “demolished” by the next session of treatment…

Now, with chemo behind her, her health is coming back, the hair is beginning to grow again, we are loving all the happiness of it, and we continue our regular little tender massages to soften the scar… and have fun! So for all of you who read my testimony, my advice to you would be: be daring, touch, massage, kiss, as soon as possible and as often as possible! Everyone reacts differently of course, but for us that was really the best!
I hope I have not been too longwinded and I’ll be happy if my testimony can help some spouses to live through this unchosen adventure more simply and serenely and share it profoundly with their preferred amazon.

Stéphane, 47 years


Agnes: How I told my niece and my nephew and children around me about my breast cancer and my mastectomy… and also about my wig!

In January 2008, at 30 years of age, I was operated on for breast cancer. I had a mastectomy, a lymph node dissection, chemotherapy, radio therapy and I take tamoxifen. After taking advice from specialists, from former patients and from the parents of my niece and nephew, especially their mother, this is how things panned out… My niece Louisa, and my nephew Gustave, were 6 and 2 years old when I was diagnosed. After my husband, their mother was the first person I told. She is my older sister. Yolenne told Louisa that I had a pimple on my breast and that it had to be removed (without specifying pimple or breast) so that I could recover. Once I had recovered, Louisa asked her mother if they were going to put my breast back…

“No, that ‘s not possible…”
 Shortly after the surgery, I was getting dressed in my room after my shower. I felt the presence of Louisa who was spending the weekend in my home. She was behind the door, curious and with her desire to “see”. I asked her if she wanted to see my scar, warning her that it was ugly (which she confirmed to me!). She wanted to see. I showed her, keeping it light and humourous. She asked me a few questions. I explained, and I think she left reassured. I showed her the prosthesis and she ended up playing with it!

Louisa, 6, wanted to look.
Later on, several times, she wanted to look at me naked again whilst asking for clarification and the outcome was similar to the previous time. Sometime later, she also wanted to see my “funny thing” (a term which I have since painted on the box of my prosthesis !) And it ended in a battle… a prosthetic one!

 My nephew was not yet talking in the period just after the operation. I used to carry him in my arms a lot at that age. When I was told that I can no longer carry weight, I immediately thought of him and this was a whopping blow to my morale. Then we explained to him that I could no longer carry anything with my left arm which needed to be treated delicately. He understood that well and for a long time said, “there” – pointing to the left arm – “ouch!” but there – pointing to the  right arm – “yes”. It was the first thing he said every time he saw me. Later, right or left arm, it didn’t matter anymore! The following summer, having been operated on six months earlier, I was getting out of the bath and  my nephew sees me naked and points to my scar laughing and saying “Oh, Auntie!”, I explained simply to him what had happened to me. I had integrated this new “breast” very well, so it did not pose a problem for me. I was just bemused. Otherwise it would have been psychological torture!

With a knife, scissors, an axe, or a blade?
In February, thirteen months after the surgery, I was taking a bath with him and he sees my scar. He had obviously forgotten what he had already seen and what I had explained to him, and he asked me how the surgeon had removed the breast… “With a knife, scissors, an axe, or with a blade?” A really horrible phrase that continued to go on and on and on!!! His mother was the most uncomfortable of the two of us because of the violence of what her son had said, and tried to stop him! But, there again, having perfectly accepted my new body, this didn’t phase me, or at least didn’t upset me at all. I managed to laugh with him. And we moved on to something else, simply and naturally.

The wig… It went like clockwork!
With regard to the wig, I was playing hairdressers with my niece. I must have wanted to tell her something and I provoked the situation… We discussed how to style my hair which had recently become short cut after the announcement of the disease, at a time when I had much longer hair… Louisa was brushing my hair. The wig starts to fall off and I throw myself back on the bed trying to hold it on but only half succeeding in doing so! I burst out laughing. Louisa with a look of terror and misunderstanding looks at her mother (an expression from Louisa  that Yolenne has never seen since), she must have had the impression that she had done something really stupid, that she had scalped me… I then explained to her very naturally, in a joking  manner and continuing to laugh (forcing myself a little, no doubt) that as the drugs were ruining my hair it had to be cut very, very short, and  that as I did not like it, I preferred to wear a wig. And once again it all went like clockwork (even better!).


You’ve got a plastic breast?
On other occasions, with other children, I told two girls aged 6 and 9 about my arm  which I couldn’t use normally as I had had an operation on my diseased breast. One day when I was holding the little brother of these girls, I said to the girl who was present that the plastic breast seemed as comfortable as the real one. “Oh, you’ve a plastic breast?” I simply explained what had happened to me. Her only real concern was whether I had been in pain. When I answered her, quite frankly, that I had not been in pain she was reassured.

As I had marks resulting from the radiotheraphy I explained very naturally to a little three year old girl that these were there to treat my diseased breast by shedding light on it. I also explained this to my nephews and nieces who were asking me about it. I always wore a scarf throughout that period but they weren’t intrigued by this at all (their mother was the only one who couldn’t bear to see the scarf!). Since then all of this has been accepted by everyone and my nieces and nephews speak jokingly of “my plastic breast”. I feel free when naked before them.

Truth, simplicity, being natural, humour and lack of theatricals.
Every time they asked about me, my breast, my tiredness, the fact that I had to rest, take naps, no longer worked, their questions were answered in a simple and natural manner. This reassured them.  They know that I have now recovered and are no longer worried about me as they see I’m in good form (Gustave never worried). And in addition that permits them to see me more often and I’m always available!
So I would recommend: truth, simplicity, naturalness, humour and no theatricals! And this goes for children and for us, sick adults, around them! As for my niece whose breasts are starting to develop, it will not be long, I think, before she covets my old prosthesis and those in cotton from the association “Vivre comme avant”- “Living like before”!


And the other breast…
Three years on, I envisage having my remaining breast removed as a precaution because I am genetically predisposed to this kind of problem. I’d rather be safe than suffer further lymph node dissection, chemo and radiotherapy and all their side effects! And even if that means having to return to the operating table to undergo another anesthetic, I have decided to go ahead with a preventive ablation and bilateral reconstruction.

 

Agnès, 33 years