Corps

On peut se préparer à perdre un sein

Quand on a appris la nécessité vitale de l’ablation d’un de nos seins – ou des deux – , on est face à une bascule devant l’inconnu. L’expérience de cette perte, on en parle peu ou pas à l’hôpital, si ce n’est pour nous dire « qu’il faudra qu’on en fasse le deuil », ou tenter de nous rassurer avec « la reconstruction » censée suivre, trop souvent brandie comme étant LA solution; mais de ce nouveau corps, ils ne disent rien. On peut anticiper la séparation avant le « jour J », marquer le passage de ce corps qui a été le nôtre jusqu’à présent à un « autre » inconnu, qu’on ne découvrira qu’une fois l’ablation faite. À chacune de trouver, d’inventer un rituel qui lui convient, qui a du sens pour elle. Nombreuses sont celles qui prennent leur sein en photo avant son départ, d’autres partagent un repas d’adieu à leur sein avec des tout proches  – des huîtres pour Pascale, une choucroute pour Louise – ; Margot, elle, a fait un dessin de son sein et après l’a jeté ; Sandra a cessé de le regarder et de le toucher une semaine avant la mammectomie, pour elle il était « en partance », elle l’a quitté avant que le geste chirurgical ne l’en prive. Autant de femmes, autant de façons de se préparer à la perte…

À la découverte de ce nouveau buste

Ce fameux  « premier pansement »,  qui est toujours présenté comme un moment bouleversant, n’est pas forcément une épreuve. Avec un sein et un côté plat, notre torse est effectivement devenu asymétrique, androgyne si l’on veut. Ça n’est plus une poitrine car il faut être deux, c’est autre chose…

Une cicatrice

Encore un fois, à chacune de faire preuve d’imagination : trouver ses propres mots pour nommer ce « non-sein », chercher les gestes pour se familiariser avec ce nouveau relief. La cicatrice ? Environ 20 cm de long. Une fois enlevés les fils, elle se patinera avec le temps, comme sur n’importe quel autre endroit du corps. Notre peau cicatrise différemment selon chacune. Il faut savoir que parfois, à la sortie de l’hôpital, il n’y a pas de pansement du tout, ce qui peut être troublant car on ne s’y attend pas et l’on peut ressentir le besoin d’être « protégée » à cet endroit. Pensez à emporter des vêtements qui s’ouvrent devant, ils vous seront utiles.

Apprivoiser ce nouveau corps

Dès les premiers jours, masser la cicatrice permet de découvrir ce nouveau relief, de se familiariser avec des sensations nouvelles. Nos mains n’ont jamais senti notre buste sans sein, sans mamelon, il faut prendre le temps d’apprivoiser tout cela. Le massage est aussi une bonne prévention d’éventuelles adhérences (parfois, la peau cicatricielle peut  adhérer au tissu situé en dessous), n’hésitez pas, massez-vous, faites-vous masser !

Tatouage ? Dessin au henné ? Dessiner  soi-même ou faire dessiner un motif sur la cicatrice est un choix que font de plus en plus de femmes pour redonner du sens à l’endroit où il n’y a plus de sein, pour l’embellir et « habiller » la cicatrice. Peut-être aussi est-ce une façon de se réapproprier cette partie du corps où la maladie a fait effraction et l’ablation été subie, une façon de faire un choix là où il n’y en a eu aucun depuis que le diagnostic a été posé…
Il peut être temporaire avec le henné. Si vous optez pour du définitif, pensez à vous assurer de l’innocuité des encres utilisées (évitez le dioxyde de titane E 171).
Pour vous donner des idées, quelques liens :
- le goût américain… http://tattoos-to-infinity.com/breast-cancer-tattoos/
- un tatoueur à Reims : www.arnotattoo.com/

Photographies ? Nous connaissons deux femmes photographes spécialisées dans ce type d’approche, qui font de très beaux clichés avant et après l’ablation du sein. Elles sont particulièrement attentives et vous mettrons rapidement à l’aise (voir onglet Photos). Pour certaines, c’est une vraie libération ! – Virginie Ribaut  : www.ribautvirginie.com   Studio Photographe 176, rue Edouard Maury 94120 Fontenay-sous-Bois +33 (0)1 41 74 60 49    +33 (0)6 74 00 44 72 – Camille Guilbault  : camilleguilbault@live.fr

Le temps travaille pour nous… Il faut du temps pour s’habituer, différent pour chacune, et au bout de ce temps il y a une liberté retrouvée !


Les Hollandaises ont de la chance :
une boutique à soutien-gorge mono-sein !

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Ria Delver a créé des soutien-gorge et des vêtements asymétriques qu’elle vend par internet.

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Il y a une version en anglais, ouf ! Nous lui avons demandé des informations, elle expédie bien en France, il suffit de rajouter 12 € au prix du soutien-gorge (99,50 €).

Pour les non-anglophones qui ont trouvé leur bonheur parmi ses modèles, voilà un résumé de ses propositions :
- pour commander, envoyez-lui un courriel avec votre choix et votre taille (tour sous la poitrine + profondeur du bonnet, A, B, C, D etc.) sans oublier de préciser de quel côté est votre sein !  Elle vous dira comment régler avant l’expédition.
Elle propose 8 modèles de soutien-gorge, « bh » en hollandais et « bra » en anglais.
- en dentelles : blanc, écru, brun, rouge, plusieurs roses, chair, bleu etc. (20 couleurs)
- ou en lycra : écru, noir, rouge, bleu de cobalt etc.

Une autre possibilité, en Allemagne cette fois-ci !

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Il n’y a pas de version du site en anglais mais… vous pouvez écrire en français, pas de problème.
Après avoir reçu vos mesures, Nicole Kecskés vous enverra un prototype en jersey  avant la version définitive.
https://www.nicolesmagicmoments.net/amazonen-bh/amazonen-bh-carmen/#cc-m-product-12981490923

Cette créatrice  a créé de jolis modèles en polyamide et élasthane, noir, bleu, blanc, rose etc. à 160 €.

Si vous commandez un soutien-gorge à l’une ou l’autre des créatrices, merci de nous faire part de votre expérience !


S’habiller avec ou sans soutien-gorge : à vos ciseaux !

Un joli haut simple à réaliser, qui vous permettra, quand vous en avez envie, de ne pas mettre de soutien-gorge, sans attirer le regard si ce n’est par votre élégance ! À  porter sur un débardeur ou sur la peau, tout l’art est dans la façon de draper le tissu et de l’accrocher… Face

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C’est tout simple, il suffit de faire deux fentes dans le tissu ! On y passe les bras et on le noue devant ou on l’attache à l’épaule.       Coût : À part le prix du tissu, il n’y a plus que du temps à prendre pour réaliser ce haut. Compter 1 à 2 heures selon votre familiarité avec l’aiguille. Fournitures : - un tissu souple, mou, qui se prête bien au drapé, de 170 cm de long en 75 de large ou 80; à partir de bonnets C, prenez le tissu en 2 mètres de long – une broche, une pince à cheveux ou une pince à dessin pour tenir le tissu – des épingles, un mètre, une paire de ciseaux, une craie à tissu ou une craie classique, du fil et une aiguille Comment s’y prendre :

patron 1

Patron 2Patron 3 Vous n’avez plus qu’à l’enfiler !

Face Dos

Encore plus simple !

Face

Dos 1Fournitures : - un voile très léger, en 150 cm de large, d’une longueur de 90 cm à 100 cm selon votre taille – un élastique plat souple en 20 mm de large, du diamètre de votre corps + 2 cm (mesure prise sous le bras) Comment s’y prendre : – plier le tissu en deux sur l’envers dans la largeur, de façon à avoir 75 cm en deux épaisseurs – coudre les deux bord du voile, ce qui fait un tube puis coudre les deux extrémités de l’élastique en les faisant se recouvrir d’1 cm – mettre le tissu à cheval sur l’élastique, enfiler le tout Il ne vous reste plus qu’à faire glisser le tissu de façon à créer le volume que vous voulez, où vous voulez !

Dos 1

À vous de jouer !

Bienvenue à toutes autres créations d’habits Amazones ou d’astuces pour transformer les hauts symétriques et les rendre élégants sur nos corps asymétriques. Envoyez-nous des photos de vos réalisations. contact@lesamazones.fr